jeudi 14 février 2019

Futur journaliste


Maïwenn, cette semaine, c'est à toi de parler sur le blog.

« Moi… mais, je ne sais pas quoi dire ? 

- Et bien, tu n'as qu'à parler de ce que tu aimes, de ce que tu n’aimes pas ou d'une journée type.

- Je trouve que les togolais sont très accueillants, ils disent toujours : bonjour, bonne arrivée ! Bienvenue ! Comment ça va ?
L'école, j’aime bien. Au moins, il y a quelque chose à faire, ça m'occupe.
Je trouve qu'il y a une bonne ambiance, mais je déteste voir les coups. Quand ça arrive, je baisse les yeux et je regarde par terre. 
Entre les élèves, il y a beaucoup d'agressivité verbale, je ne comprends pas toujours pourquoi. Une de mes camarades me prend vraiment le chou.



-T’es-tu fait des amis à l’école ?

-Je me suis fait un ami, il s'appelle Daniel et il est suisso-togolais. Son papa est togolais et sa maman suisse. Daniel a toujours vécu en Suisse, mais depuis 2 ans, sa famille est revenue au Togo. On se comprend donc très bien ! 

J'aime bien m'occuper d'Iméla, elle est trop chou avec ses couettes.



Ici, il fait très chaud, mais quand on sort de l'école et qu’il pleut, c’est trop rigolo : ça fait des rivières.
L'après-midi, je ne vais pas à l'école, car je travaille mes cours par correspondance (CNED). Je trouve ça long et ennuyeux. Et mon papa me casse les pieds à être toujours sur mon dos.

-Explique qui est venu cette semaine.

-Trop cool, ma tante et mes cousines sont venues nous voir. Elles ont amené du Nutella et ça fait bouillir mon père.
Elles viennent me chercher à la sortie de l’école et on fait des activités tous ensembles. Nous sommes allés voir la vallée des chauves-souris et une cascade.




Sur la Slackline (sangle plate) qui est toujours tendue devant la maison, j'arrive bientôt à faire toute la traversée. Je suis trop fière !

Ma maman m'énerve un peu, car elle a toujours peur ! Moi, j'ai envie de continuer cette aventure, car je sens que c'est un peu unique de faire ça ! 


Dans quelques semaines, je vais aller à la capitale (Lomé), car nous avons rencontré un couple de Français qui ont des enfants du même âge et je vais passer quelques jours toute seule avec eux, ça va être trop bien.

Mon papa m'a promis de faire un bricolage toute seule avec lui.
Je veux faire une pile à pommes-de-terre.
Comme il ne me croyait pas, il a regardé sur internet et c’est moi qui avais raison !
C'est trop cool, on va pouvoir brancher une ampoule sur les patates et faire de la lumière »

Pour radio Togo
Maïwenn

jeudi 7 février 2019

Apprends ! Si non ...


Vas-y, Enora, la parole est à toi !
Raconte-nous une journée type, une journée normale quoi !

-          Je ne sais pas, papa, tu m’énerves avec ton blog. Disons que voilà :
5h30, le réveille sonne, j’ai mis une musique cool, ensuite je me traîne jusqu’au déjeuner. Là, Georgette a déjà mis toute la table et en général c’est toi qui me rejoins.
Ensuite, il faut mettre l’uniforme pour l’école avec une jupe qui m’empêche de courir, car elle est trop serrée.
A l’école, on commence par une méditation (prière du matin) ainsi que la lecture d’un verset biblique. »

Enora a 12ans et fait sa scolarité au collège protestant de Kpalimé. Ce n’est pas un établissement public, la scolarité y est un peu plus chère, mais, l’avantage, c’est que les enfants se retrouvent uniquement à 50 par classe au lieu de 100, comme souvent. C’est un collège qui jouit d’une bonne réputation dans la ville et il se trouve à 10 min. à pied de notre maison.



-          Ensuit les cours commencent, on espère que le professeur sera absent !!! D’ailleurs ça arrive souvent.
Si c’est le cas, c’est le bazar, et quand le professeur se pointe, il demande : Major !! Les noms !!
Et là, le Major (le meilleur de la classe) doit dénoncer les copains-ines qui ont fait les fous. S’il refuse, le bâton sera pour lui !
Les copains-ines se font taper régulièrement, mais franchement ça ne marche pas !
Dès que le bruit monte, le bâton arrive. Il tape sur la paume de la main ou sur les fesses. Souvent, des enfants pleurent.
S’il refuse ce foutu bâton, ce sont 4 coups de plus.
Comme je suis la seule blanche, je ne reçois pas des coups. Ça m’énerve, car je ne peux pas être comme eux ! Parfois j’ai envie de me faire taper. »

Que faire en tant que parents ? Comment réagir ? Jusqu’où va l’intégration ?
Dans les classes, certains enfants ont des parcours difficiles. Les parents ne peuvent pas toujours les suivre, certain n’ont pas suffisamment à manger, d’autre devront travailler après l’école et d’autre encore seront mis dehors car ils n’arrivent plus à payer.

-          Dans mon école, il y a un classement. Tout le monde peut le voir car il est affiché. Parfois, j’ai mal au cœur pour les derniers. Quand ils ne savent pas leurs leçons, ils se font rabaisser et frapper.
A 11h30, je rentre et je loupe les cours de l’après midi car je dois faire le programme par correspondance français. (CNED). Je travaille beaucoup. J’ai le droit de faire 2x 30 min par jour sur mon téléphone pour rester en contact avec les copines de Vercorin. Parfois, je fais plus et tu ne vois rien 
😉 »



L’idée était de mettre nos enfants à l’école togolaise le matin pour leur permettre de tisser des liens.
On désirait surtout qu’ils travaillent le CNED l’après-midi, dans le but de pouvoir raccrocher plus facilement le wagon scolaire Suisse.
Seulement, voilà, il y a ce fameux classement, le regard des autres, … Les enfants ne veulent surtout pas être à la traîne, ils ont besoin d’appartenance sociale.

Maïwenn et Zacharie vivent plus ou moins la même histoire, et voient aussi les coups. Quand cela arrive, Zacharie se bouche les oreilles et sort de la classe.
Une fois, il est même rentré en courant à la maison, car il y avait trop de bruit.
Maïwenn regarde par terre pour ne pas voir. 

Clotilde, la maman, aimerait bien que les enfants soient moins exposés à la violence en diminuant le temps d’école, mais Enora et Maïwenn, malgré les difficultés, refusent de louper une seule matinée !

Font-elles cela par loyauté envers nous ? Veulent-elles nous soutenir ? Nous protéger ?
Décidément, nos enfants n’ont pas fini de nous faire réfléchir, ils nous étonnent par leur adaptabilité, mais jusqu’où devons-nous aller ? Où est la limite ? 

Voilà nos préoccupations du moment.

Pour radio Togo
Tonio

jeudi 31 janvier 2019

Zémidjan


Tu mets des pantalons, une veste en cuir, des bottes et un gros casque.
Tu appuies sur le bouton et vroommm...... C’est parti pour une ballade à moto en passant par les plus beaux cols des Alpes.
Avant d’en arriver là, tu as passé de nombreuses heures à étudier ton code de la route pour enfin passer ton permis de moto.
Tu as même la possibilité de poursuivre en t’inscrivant à des cours du TCS (Touring Club Suisse) pour mieux maîtriser l’engin !


Un vélo, 2 chèvres,4 poules vivantes à gauche et 4 autres à droite

Ici, c’est différent, nous ne sommes pas en Suisse !!
L’histoire du Togo à été très compliquée et l’est toujours.

Dans les années 90, il y a de violentes manifestations à Lomé avec beaucoup de morts. La grève "générale et illimitée" est lancée par l’opposition. 
Tout le pays est paralysé, c’est la grosse crise, plus rien ne bouge. Même les taxis ne peuvent pas travailler !


En rentrant de Lomé

C’est dans ce contexte social et politique tendu que les motos envahissent le Togo.
Ce sont des motos chinoises, bien meilleurs marchés que leurs cousines japonaises.
Il faut compter 500'000 FCFA soit 850 CHF pour être au guidon de l’engin propulsé par un moteur de 125 cm3 !

Tout le monde devient « Zémidjan » (taxi-moto) également appeler "Zem".
Pas besoin de permis. Le casque est obligatoire pour le conducteur, mais il le porte rarement.
Le t-shirt et les tongs remplacent les bottes et la veste en cuir.
Petit à petit, la capitale et le pays sont inondés de moto et il devient aisé de se rendre partout pour un prix modeste.



En rentrant de Lomé

De plus, avec une moto, absolument tout peut être transporté ! Quand je dis tout, c’est tout 😉
Des planches de 5 m portées sur la tête du passager, des familles entières avec les enfants (4 et 5 personnes), des vélos, des animaux et parfois, quand c'est nécessaire, même le corps d'une personne décédée !
Comme le travail manque, il n’est pas rare de voir un médecin essayer de gagner sa vie en faisant le taxi-moto.

Mais attention, vu l’amplitude du phénomène «Zémidjan», la circulation devient très dense. Circuler en moto à Lomé n’est pas donné à tout le monde. Même si tu as fait le cours TCS !
Les accidents et les morts sont malheureusement très très fréquents.



De la pub pour une entreprise professionnelle de Zem

Si tu veux te rendre quelque part, c’est facile : 
il suffit de marcher.... hé oui, un Yovo (blanc) qui marche ce n’est pas normal ! 
Ensuite, après environ 20 sec. et selon ton regard, le premier « Zem » qui passe s’arrête. Tu négocies, enfourches la bécane chinoise et voilà…..
 
Nous ne le faisons que rarement, seulement quand nous ne pouvons pas faire autrement.


 Lomé

Pour radio Togo
Tonio

jeudi 24 janvier 2019

L'asile


Emboîtant le pas à Randolphe et au directeur du collège de Kpalimé, nous nous dirigeons vers une classe d’école débordant d’adolescents.

Le directeur fait un petit discours d’introduction pour Randolphe, qui nous partagera son expérience.
Comme à la belle époque, je m’assieds au fond de la classe ! J’ai failli dire : à côté du radiateur !

Il commence par poser cette simple question :

« Qui veut partir en Europe pour y vivre et travailler ? »

Evidemment, tout le monde lève la main ! Sauf un élève, mais il est le seul.
L’Europe reste un cliché pour ces jeunes.


Randolphe est togolais, ancien demandeur d’asile.
Soutenu par une association suisse, il témoigne dans les écoles de son pays. Il raconte son vécu en Europe, et plus particulièrement en Suisse.
Sa démarche : casser l’idée d’une Europe eldorado, pour un demandeur d'asile africain, informer les jeunes sur les dangers et les pièges de la route de l’exil.

En 2003, au port de Lomé (capitale du Togo), Randolphe embarque clandestinement sur un cargo. Il fuit la politique de son pays et rêve d’un monde moins dur.
Un petit sac avec 2 litres d’eau, du sucre, de l’huile, de la farine de manioc et quelques habits.
Rapidement, il s'aperçoit que 3 autres clandestins se cachent également entre les containers.
Dès ce moment, il vivra 4 ans d'enfer, avant de rentrer au Togo.
4 ans d’enfer dans un pays que j’aime et qui est le mien, la Suisse !!

Après une semaine de navigation, la nourriture vient à manquer. Un des clandestins se porte volontaire pour aller chercher à manger. Attrapé par l’équipage, personne ne le reverra.
A la suite de cela, le plus âgé part chercher de l’eau, mais se blesse violemment à la cuisse.

« La blessure est si profonde qu’on voit l’os. On essaie de panser sa plaie béante, mais on n’a rien ! Nous sommes impuissants et la peur nous envahi. Il perd connaissance.

Nous décidons donc de nous rendre. Commencent alors la grande bastonnade et les traitements indignes. Au lieu de soigner notre ami blessé, nous recevons l’ordre de le jeter par-dessus bord. Nous n’avons pas le choix. Je vois encore son visage nous supplier… Jamais, je n’oublierai !

Ensuite, comme dans un film d’esclavage, on nous ligote et on nous fouette. C'est difficile pour moi d'en parler. Mon ami, plus têtu, se fait violer de nombreuses fois. »

Quand vient le tour de Randolphe, le capitaine arrive et met fin à ce cauchemar. Mais trop tard pour son compagnon, qui ne survivra pas.
Le navire accoste en Italie. Et c’est finalement en Suisse, à Vallorbe, que Randolphe vivra, ou plutôt survivra durant 4 ans.

Il a quitté son pays pour des raisons politiques, mais aucune institution ne l’écoute.
Logeant dans le 3ème sous-sol d’un abri atomique, ou dormant dans les toilettes d’un appartement par manque de place, il enchaîne les petits boulots, affronte le racisme.

« J’étais souvent exploité, travaillant 14 heures par jours. Par moment, j’avais honte d’être noir ! »



Son passé le rattrape, il ne dort plus, fait des cauchemars, pense au suicide. A deux reprises, il est admis à l’hôpital psychiatrique de Prangins.
Volontairement, Randolphe décide de rentrer au pays. Il bénéficie de l’aide au retour.

Lors de son témoignage, les blancs ne sont pas mis en avant. Régulièrement, les regards des ados se tournent vers moi.

2 heures passent et le message est clair : un africain n’est pas le bienvenu en Suisse.

Arrive mon tour. Merde alors ! … Que vais-je dire ?
Je réponds à quelques questions et pas des plus simples !

« Est-ce vrai ?
Ca se passe comme ça ? 
Comment vois-tu les noirs, plus faibles ou plus forts que les blancs ? … »


Je réponds comme je peux. J’explique que très peu de suisses peuvent imaginer le contexte de pauvreté dans lequel se trouve le Togo.
Je leur explique aussi que l’Afrique est riche en matières premières. C’est elle, avec l’appuis de certains dirigeants, qui permet à l’Europe d’avoir son niveau de vie actuel.
Tout le monde éclate de rire, à l’écoute de cette vérité, sortant de la bouche d’un Yovo !

Voilà un point de vu un peu différent de notre beau pays !

Radio Togo
Tonio




jeudi 17 janvier 2019

Tempête sous les tropiques



Cette expérience au Togo, ce déracinement, cette plongée dans l'inconnu est un sacré voyage ! 

Un voyage intérieur qui nous montre nos forces, nos valeurs, mais aussi nos faiblesses et nos vieux démons propres à chacun.

Nous avons eu la force de tout quitter, nous avons eu la force de nous mettre nus, sans repères, nous avons eu la force de sortir de notre zone de confort.
Nous avons pris nos enfants sous le bras pour leur montrer ces réalités que nous ne connaissons pas nous-même.

Et maintenant, au bout de 4 mois...
Que se passe-t-il, où en sommes-nous ?

La famille est soudée, mais la famille manque d'air. Nous avons de la peine à respirer. Nous sommes collés les uns aux autres dans notre nouveau monde et cela devient infernal !
La tension est électrique et les éclairs fusent à tous moments.

Les enfants rentrent de l'école à midi et ont besoin d'un des parents pour travailler. 
Ici, pas de jour de congé. Les enfants n'ont pas d'activités extra-scolaires. Cela n'existe pas.
Un enfant togolais, quand il rentre à la maison après une longue marche, il fait ses devoirs dans le meilleur des cas. Le plus souvent, il part travailler avec ses parents. Il joue rarement.

Clotilde est soucieuse, craintive, elle se pose beaucoup de questions sur l'école et l'apprentissage de ses petits. Elle peine à faire confiance et les enfants le ressentent.



Pour ma part, je suis un lion en cage, incapable d'amener la bouffée d'oxygène de l'extérieur, alors que toute la famille attend.
Je ressemble à un alpiniste dans la tempête, je fais la trace en baissant la tête, impossible d’écouter mes coéquipiers car beaucoup trop préoccupé par ma petite personne.

Toute la famille ressemble à un ballon de football tiré dans la mauvaise direction et qui tarde à trouver le mur sur lequel s'appuyer pour rebondir !

Voilà où nous en sommes !

Ce n'est pas le besoin matériel qui nous préoccupe. C'est le besoin socio-vital, qu’il nous faut; un travail qui donne un cadre à nos actions, un sens à notre expérience.



Le mur du rebond est tout proche, je le sens, il est là, tout prêt, il ne faut pas le rater.

Dans la tempête, c'est le moment d'avoir la foi, la confiance. Nos boussoles se stabiliseront bientôt; le ciel redeviendra bleu et toute la famille pourra enfin s’asseoir au sommet de cette montagne !
Tous, nous nous féliciterons, avant de continuer à cheminer entre des collines plus verdoyantes. 

Merci d’être là, les Zamis !

Radio Togo
Tonio

jeudi 10 janvier 2019

Les savons Kari-Kari


Si tu veux faire une commande d’un produit togolais, c’est le moment !

Deux facteurs viennent nous voir ! Genre cigognes qui transportent un panier dans le bec.
Elles se poseront le 8 mars à Vercorin pour la Suisse, et le 25 février à St-Fiacre-sur-Maine pour la France.
Il te suffira d’y passer pour chercher ta commande.


Faut pas déranger Zacharie

« Bonne arrivée ! Woézon (bienvenue) à toute la famille !
-Dis donc Aimée, tu aurais un moment pour faire un atelier savon avec nos enfants ?
-Bien sûr, mais d’abord on se boit un grand verre d'eau.
-Dis donc Aimée, il est incroyable ton parcours ! Raconte. »

Enora et Maïwenn à l'ouvrage


A 13 ans, dans le cadre d’un projet avec l’UNICEF, je suis devenue animatrice d’une émission de radio. Venir en aide aux enfants dans la détresse et promouvoir leurs droits. C’était l’idée du programme et ça a bien marché.


Aimée qui ne grandira plus et Maïwenn qui grandira encore !

Dans la rue, à l’époque, il y avait encore de nombreuses cabines téléphoniques et des enfants mal traités pouvaient appeler et se confier. Dans les cas extrêmes, la cabine était localisée et on leur venait directement en aide.
Les enfants aimaient se confier car j’était de leur âge.


Cette activité a durée 9 ans. Années durant lesquelles j’ai aussi créé ma propre association : « Education des enfants ».
Ensuite, j’ai obtenu une bourse par la coopération Française pour le développement. J'ai donc fait mon master en gestion de projet à Lyon.


Les Schtroumpfs


Aimée rigole et sans prévenir me dit :

« Payerne, tu connais ?
- Bien sûr, c’est chez moi, en Suisse !
- Et bien c’est là que j’ai fait une partie de ma formation en cosmétique et savon.
- OOOk… Tu as donc appris le métier par ta mère et ensuite entre Lomé et la Suisse ?
- Exact… Bon, on y va..... les enfants ont l’air impatients !


Pack de deux savons dans un joli coffret en pagne togolais.
Chaque savon Kari-Kari contient du beurre de karité et de l’huile de coco (made in Togo). Ça rime 
😉
Pour le savon de Monsieur, « Black and white », elle rajoute du charbon végétal.
Détoxifie, purifie et excellent pour le rasage.

Pour le savon de Madame, « Terrébelle », elle rajoute du beurre de cacao, jus de carotte et argile rouge pour reminéraliser la peau et lui donner un éclat naturel.


Akpé ka ka ! (Merci beaucoup)

Commande et payement 

Choisi ta quantité de packs et paye sur mon compte avant le 17 janvier. Pas de frais.
Ajoute un p'tit mot dans le libellé et tu recevras la bonne quantité ;-)
Prix du 
pack : 15 Euro ou 17 CHF avant le 17 janvier

Pour les Suisses, 2 possibilités :
-Un virement en CHF sur mon CCP : Lambert Antoine IBAN  CH12 0900 0000 1755 2569 8
 POFICHBEXXX
-Par Twint sur mon no de téléphone : 0041 76 532 50 86

Pour les Français :
-Un virement en Euro sur mon compte : CH45 0900 0000 9194 1432 1 
POFICHBEXXX  





jeudi 3 janvier 2019

Boire un café tranquillement


FCFA, ça vous parle ? 

Pour ma part, je l'utilise tous les jours !
Ça se boit, ça se mange, ça permet de se mettre à l’abri.
Vous pouvez absolument tout faire, absolument tout, si vous avez la chance d’en posséder.
Ils se trouvent partout, sont jolis, bien colorés, acceptés et négociés dans tout le pays.

Les FCFA sont simplement la monnaie officielle de 14 pays d'Afrique, dont le Togo fait partie.
Il y a les FCFA de l'Afrique de l'ouest et les FCFA de l'Afrique centrale.
Jusque-là rien à dire, et franchement, je ne vois pas pourquoi se prendre le chou.

Je ne sais pas ce qui m'a pris de vouloir connaître les abréviations de cette monnaie, alors que j'étais bien tranquille devant ma tasse de café (made in Togo).

FCFA signifiait : Franc des Colonies Françaises d'Afrique.
Et oui, c’est une monnaie coloniale créée par la France en 1945. Ce système favorisait l'accumulation de biens coloniaux vers la métropole. A ce moment, la France reproduit ce qu'elle vient de subir des envahisseurs nazis, avec le "Deutsch des territoires occupés"

Suite à la décolonisation, ces abréviations ne sonnent plus très bien. C'est alors qu'on décide de changer leur signification.
Dorénavant, FCFA signifie : Franc de la Communauté Financière en Afrique. Ah ça va mieux!!

Je peux donc reprendre mon café.  Ouf !
Vaquer à mes occupations et me dire que mieux vaut ne pas trop en savoir, sous peine d'une prise de tête garantie...

Après ma troisième gorgée de café, ... je craque et je fouille....


Mince alors, le but du FCFA n'a toujours pas changé !
 




Savez-vous que cette monnaie est toujours créée par la France?
Elle est frappée à Clermont-Ferrand et en région bordelaise! Si, si, j’te jure !!


De plus, les FCFA sont arrimés à l’Euro, selon une parité fixe décidée par la France.
Cela veut dire que le FCFA est une monnaie forte qui ne
 bénéficie d’aucune souplesse et fluctue en même temps que l'Euro ! Pour ces pays, ce n'est pas un atout.

Pourquoi cette ancienne puissance coloniale fait-elle circuler sa monnaie, qu'elle crée elle même, dans ces 14 pays?

Bon c’est malin, mon café est froid ! Départ pour une deuxième tasse. 






Hum, je continue, la banque centrale de l'Afrique de l'ouest doit déposer 50 % de sa réserve au Trésor français!

Dans cette banque centrale, la France peut imposer son droit de véto !

C’est malin, j’en ai mis partout et il est brûlant !





Voilà des infos claires, que j'ai trouvées ici et que je résume avec deux graphiques :





"Pour chaque pays utilisant le FCFA, un compte d'opérations est ouvert auprès de la Banque de France.
Lorsque la France veut des biens africains, elle imprime le FCFA et vient récupérer la marchandise avec ce papier. 

Ensuite, la France écrit sur les Comptes d’opérations 
un crédit équivalent (en gros la France prend les biens des pays africains et écrit sur une ligne d’ordinateur que ces pays ont du  crédit auprès de la banque de France). Ce papier dénommé FCFA n'est utilisable qu'auprès de la Banque de France."







"Lorsqu'un acteur quelconque vient acheter les matières premières africaines, il les paye en dollars. Pour l’Afrique de l'ouest, 50% de ces dollars sont purement et simplement récupérés par la Banque de France, et seulement 50% descendent en Afrique. La France écrit alors dans les comptes d’opérations des pays africains qu’ils ont l’équivalent des 50% de crédit en plus.
Officiellement, la France retient cet argent pour garantir le taux de change Fixe 1€=655fcfa."
Texte piqué ici 










Pour la première fois, j'espère n'avoir rien compris!
La France est visée, mais l'Europe et la Suisse bénéficient largement du pillage africain.

Une servitude monétaire ? 
Une servitude volontaire ?
Quels en sont les véritable rouages ? 

Je souhaite que l'année 2019 soit une année plus humaine pour le Togo !

Bonne année !

Tonio qui voulait simplement boire un p'tit café.