Et voilà, la deuxième formation soutenue par DM-échange et mission vient de se terminer. Nous avons parlé de la Co-Gestion au sein des centres de santé.En général, c’est là que l’on dit : c’est quoi la co-gestion !!
Entrainement pour la solution hydro-alcoolique
Bon… Et bien voilà, je vais essayer de vous expliquer tout ça avec mes mots. Au Togo, pour avoir des soins, il n’est pas toujours naturel de se tourner vers un centre de santé comme on se l’imagine. La médecine traditionnelle est très présente et parfois les centres de santé peuvent être mal vus. La population n’a pas l’habitude de venir au centre pour se faire soigner, accoucher. Il a donc été décidé, au niveau national, de créer des COGES(comité de gestion).
Photo de famille
Ces COGES sont directement issus de la communauté et font le lien entre celle-ci et le centre de santé. Ce qui fait qu’il est plus facile pour la communauté de s’approprier son centre de santé. C’est donc une Co-Gestion participative entre le centre de santé et la population.
Ça commence !
Compris ?? Durant cette formation, il s’agissait de bien définir le rôle de chacun pour que cela fonctionne. Pour répondre à la demande, Clotilde a fait une intervention concernant le lavage des mains et sur la manière de confectionner le produit magique que l’on doit se mettre sur les paluches pour éviter de grosses maladies.
Quand on sort de sa zone de confort, comme pour
travailler à l’étranger, changer de
culture, changer d’habitude, de climat de nourriture et de repères, on ressent
très vite le besoin de tisser des liens sociaux, de trouver des amis, des copains
de faire partie d’un groupe.
J’ai souvent parlé de cette difficulté qui
restera certainement un besoin de notre séjour africain. En discutant de manière non-superficielle avec
différents expatriés ou volontaires, tous ressentent ce besoin d’appartenance à
un groupe ou ce besoin de lien social.
Dans les moments plus compliqués de la vie, il y
a une chose qui nous fait du bien, une chose qui peut nous transformer, une
chose primordiale qui peut virer à l’obsession, je veux parler de la
nourriture.
Qui n’a pas rêvé d’un bon morceau de fromage,
de Cenovis, de café, d’une bonne bière ou d’une
immense Forêt Noire? Ce que nous observons ici, c’est que la
population mange énormément de féculents : ignames et maniocs affrétés de
mille manières, maïs, riz. Ils mangent également beaucoup de fritures avec
beaucoup d’huile !
Les fruits et légumes, qui tiennent moins au
ventre, sont consommés de manière parcimonieuse. Attention, je ne dis pas que notre nourriture
est exemplaire, mais cela a donné une idée à Clotilde : faire une pyramide
alimentaire géante pour faire passer le message dans les écoles !
Ce que femme désire,
homme exécute ! C’est comme ça que toute la famille s'est mise
au travail. Les enfants aux pinceaux, le papa à la fabrication et la maman
à la direction des travaux.
- Oui bien sûr ! Et regarde, j’ai même utilisé la termitière voisine.
Ça fait des briques très résistantes.
- J’ai vu qu’il y en avait beaucoup par ici, et pour moi c’est complètement
nouveau !»
Lors de nos balades
Depuis notre arrivée et
lors de nos déplacements ou balades, nous voyons régulièrement ces énormes tours
rouges. Elles font partie du paysage et personne n’y prête vraiment attention.
Les briques de Joel, faites avec la termitière
Puisque je
suis professeur de français depuis quelques mois, le mot termite est masculin, donc
on dit «un termite » et TOC !
Ensuite on les compare souvent aux fourmis, mais ces insectes viennent d'une
famille différente.
Les termites vivent en colonie, collectivité très organisée.
Pour fabriquer ces immenses cheminées, qui peuvent aller jusqu’à 8 m de hauteur,
ces insectes se servent du sol, de leur salive et de leurs excréments. Ce mélange devient dur
comme du caillou.
Cependant, elles vivent en bas, sous la surface du sol. Dans des galeries, elles cultivent elles-même un champignon, dont elles se nourrissent!
Alors à quoi servent de telles cheminées ?
Et bien figure-toi que pour cultiver ce champignon, il faut une température
constante, d'environ 27 degrés.
La cheminée régule donc la température, l’oxygène et le CO2.
C’est un truc de
OUF !!
Lors de nos balades
Ce qui fait que des
chercheurs se penchent sur ces habitations. Ils essayent non seulement de les
comprendre, mais aussi de les copier afin de faire des bâtiments économiques.
Espérons que les architectes ne vont pas tous nous faire vivre sous terre !
Ce soir, devant mon
ordinateur, je rédige un petit mot pour mon blog.
Deux néons éclairent la pièce, un frigo garde ma nourriture au frais et cela semble
normal. Tellement normal que parfois j’oublie que tout près de chez moi, il n’y
a pas d’électricité !
Il y a comme un bug !!
Pas d’électricité !
Essaie d’imaginer un village sans électricité à l’heure on l’on se bat pour la
5G ! C’est un véritable bond dans le passé.
Dès 18h, c’est la nuit, les enfants qui n’ont pas de lampe ne peuvent plus
ouvrir un livre d’école, le père qui tient une petite boutique doit fermer et
les femmes accouchent dans le noir. Là, je ne parle que de la lumière, j’ai
zappé le téléphone, le frigo, la clim etc, ….
En Suisse, 100% de la
population a accès à cette ressource, mais au Togo, c’est du luxe : seulement
46% de la population y a droit, et si tu vas en milieu rural, c’est seulement
19% de cette population qui peut se vanter d’avoir la lumière.
Il existe d’innombrable projets avec des panneaux solaires, mais je trouve
sympa de vous parler d’une lampe solaire fabriquée au Burkina Faso par une
entreprise française : « Lagazel ».
Photo piquée sur le net
D’habitude, c’est l’Asie
qui inonde le marché et on se retrouve avec des chinoiseries souvent peu
fiables. Ici, c’est différent, deux frères se sont associés et ont
commercialisé une lampe très robuste et pratiquement incassable. Le boitier est
en métal et pour la batterie, si ce n’est pas la plus performante, c’est
certainement la plus stable et la plus fiable. En plus d'avoir la lumière pour
48h avec une charge, on peut également recharger son téléphone.
Ce qui fait vraiment la
différence, c’est qu’elle est fabriquée sur place en Afrique, … au Burkina
Faso, le pays voisin.
J’ai la chance d’avoir
accès à l’électricité, mais j’en ai quand même acheté une pour les nombreuses
coupures que nous avons à Kpalimé.
Son prix est de 20'000 CFA (35 CHF). Cela reste conséquent pour la population
qui doit faire appel à des établissements de micro-finance (le business reste du
business !)
Ma lampe incassable. (on verra !)
Avec différents partenaires, 310 élèves Burkinabé se sont vus
mettre à disposition une lampe « Lagazel ». Quand la lampe est
vide, ils la ramènent à l’école et c’est là qu’elle se fera charger, sur une
station solaire qui peut en charger 40 à la fois. De cette manière, l’école
peut avoir un certain regard sur le matériel et si l'élève veut de la lumière,
il est obligé d'aller à l'école.
Sur le chemin du retour et à la maison, les élèves ont toujours de
la lumière et peuvent ainsi ouvrir leur livre !
Reste certainement à bagarrer pour que la lampe reste à l’enfant
et à personne d’autre 😉.
Il paraît que les petites bêtes ne mangent pas les grosses.
Si elles ne les mangent pas, en tout cas, elles les terrassent !
Le paludisme (ou malaria) fait chaque année 435’000
morts au niveau mondial et 90 % de ces décès sont sur le continent africain.
Les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés.
Un bref calcule montre que 1070 Africains en décèdent chaque
jour !!!
Dans tous les centres de santé que nous avons visités, le paludisme est la
première cause de consultation.
En tant que bon suisse, jamais je n’ai dû vivre avec ce parasite, mais
ici, nous y pensons tous les jours; c’est devenu un reflex.
Aussi fou que cela puisse paraître, beaucoup de personnes pensent encore
que le paludisme se déclare par une trop grande exposition au soleil !
Faux et archi faux ! C’est un moustique qui fait le sale boulot.
Un moustique infecté peut transmettre la maladie à chaque piqûre.
Cependant un humain qui a la malaria, peut aussi, en se faisant piquer, transmettre
la maladie au moustique sain, qui continuera la propagation du palu.
En bref ! il faut se protéger pour protéger les autres !
Il ne faut pas se faire piquer !! Voilà comment nous nous
organisons :
-La maison n’a pas vraiment de fenêtre mais nous avons des moustiquaires
sur chacune d’elles.
Elles ne sont pas trop trouées !
-Dans la maison, il y a une règle très stricte: tout le monde doit dormir sous
moustiquaire.
-A partir de 17h, c’est tout le monde dedans, ou alors c’est habit long
et spray anti-moustique, surtout aux chevilles.
-Matin et soir nous prenons une prophylaxie (médicament), pour éviter le
paludisme grave, celui qui tue. Cependant, nous pouvons quand même attraper le modèle
moins grave ;-)
Dormir sous moustiquaire est devenu un reflex
Les fenêtres et leurs moustiquaires
La fièvre, voilà ce qu’il faut surveiller, et si possible réagir très
rapidement en faisant un test. On prend un peu de sang sur le bout du doigt et
hop…. dans un réactif.
Seul petit hic !! Le test n’est lui non plus pas fiable à 100%.
La fièvre est l’indicateur n°1, alors il faut avoir son thermomètre pas
loin. En effet, les centres de santé ne sont pas toujours propriétaires de ce
petit appareil.
Heureusement, nous avons notre propre infirmière familiale.
Malgré la gravité de ce fléau, quand nous nous déplaçons plusieurs
jours, nous devons nous battre pour fixer nos moustiquaires dans les chambres. Il n'y a que rarement un système pour les suspendre.
Les hôtels préfèrent asperger à tout-va de l’anti-moustiques dans les chambres. De toute manière, ici, aucun déplacement ne se fait sans outils !
Nous avons remarqué que la population n’est pas vraiment prompte à utiliser les
moustiquaires distribuées gratuitement par l’OMS. C’est vrai que c’est une contrainte, mais bon….
Souvent, les expatriés arrêtent de prendre la prophylaxie au bout de
quelques mois pour éviter les effets secondaires.
Nous avons décidé de poursuivre cette protection en buvant la tisane d’une
plante magique : l’artemisia. C’est super amer et les enfants ont encore
de la peine à la boire. Cependant, il n’y a pas plus efficace, et cela crée
beaucoup mais beaucoup de polémique !
Bientôt Zacharie pourra dire au revoir à sa boite de malarone.
Imagine un peu, une simple tisane qui peut se cultiver facilement par la population et concurrencer
les grands groupes pharmaceutiques ! C’est David contre Goliath. D'ailleurs l'Artémésia est interdite en France !
Rituel du matin et du soir
La semaine prochaine, une grande conférence aura lieu à Lomé : Malaria Business.
Nous allons nous y déplacer, mais si pour toi, c’est un peu loin, alors tu peux
regarder ici :
Voilà voilà, nous revoilà !
Depuis un bon p’tit moment, nous croisons et discutons tous les jours avec des togolais.
Il y a 8 mois, avant notre départ, nous faisions la même chose avec des suisses.
Naître sur un
endroit de la planète ou sur un autre, nous ouvre des parcours de vie très différent.
Je me suis donc amusé à
faire parler les chiffres; même si les chiffres sont de gros menteurs et qu’ils
servent souvent à nous rassurer !
Saviez-vous que la
population suisse et togolaise est pratiquement la même !
Sauf qu’en 1960 la Suisse comptait 3 millions de personnes en plus que le Togo.
Aujourd’hui, le petit togolais
qui vient de naître, peut espérer vivre jusqu’à 60 ans, tandis que le petit suisse
verra son espérance de vie monter à 83 ans !
En revanche, pour un « petit suisse » produit par « Gervais »,
c’est à peine 10 jours !! Et encore… il faut le mettre au frigo 😉
Concernant le taux de
fécondité des femmes, il y a de sacrées différences.
La moyenne suisse est de 1,5 enfant ce qui ne suffit pas à renouveler la
population, tandis qu’au Togo, avec des facteurs d’ordre religieux et culturel
complexes, une femme met au monde en moyenne 4,5 enfants. Dans les années 70
cela montait à 7 enfants par femme !
Côté décès des bébés après
une année, c’est choquant.
En 2012, pour 1000 naissances
au Togo, il y avait 49 décès au bout d’une année !
En Suisse ce chiffre est de 4 !!
Les spécialistes prévoient
que le continent africain verra sa population doubler d’ici 2050.
Evidemment que personne ne sait ce qui va se passer, mais quand je vois déjà les
problèmes d’emplois des jeunes togolais, cela ne laisse rien présager de bon !
Ce ne sont que des chiffres,
mais cela montre quand même que dès le début, les chances ne sont pas les mêmes pour
tout le monde.
Eh bien voilà … Après des
mois difficiles et des moments pas toujours marrants, voilà le moment de
rassurer nos amis.
Vu le casque ça devrait rassuré, non ? ;-)
Le changement entre la Suisse et le Togo est tel, qu’il nous aura fallu tout ce
temps pour accepter. Même si on ne comprend pas un pays et une culture au bout
de 7 mois, un chemin a été fait et nous avons traversé un long tunnel.
Plus d’une fois, l’idée de rentrer nous à traversé l’esprit. Finalement, les
choses ont évolué dans le bon sens et nous poursuivons l’aventure.
Les fleurs prennent le dessus sur les difficultés.
Clotilde vient de terminer
la première session de formation, qui concernait l’aumônerie. Déjà elle se
tourne vers l’organisation de la suivante, qui vous sera dévoilée sous peu.
Les enfants ont gentiment dû diminuer, voir presque arrêter l’école. Ils se
concentrent sur le programme par correspondance (CNED). Beaucoup de retard a
été pris et il se comble peu à peu.
Pour ma part, je passe beaucoup de temps à faire le professeur ; ce qui devrait
également changer pour la prochaine rentrée scolaire. En effet, l’idée serait
de trouver une personne européenne pouvant se charger de guider nos enfants
dans leur scolarité (CNED) afin qu’ils puissent rattraper le wagon une fois de
retour en Suisse.
Concernant la réparation et la modernisation de mon chantier photovoltaïque,
les offres et les choix avancent tranquillement. Je me réjouis de voir les
premiers ouvriers commencer les travaux.
Nous accumulons les
contacts, mais coté vie sociale et activités, cela reste compliqué.
Heureusement, à Kpalimé, il y a des hôtels ; nous pouvons profiter des
piscines.
Les enfants sont aussi inscrits à des cours au Centre Artisanal, voisin de
notre maison. Actuellement, ils travaillent la poterie.
Pour la découverte des alentours et des montagnes qui ne se trouvent pas loin,
nous avons fait l’acquisition d’une petite moto chinoise.
Nous passons de bons moments à nous perdre sur ces pistes et chemins, mais nous ne voyageons pas en famille ;-)